Enfin de retour à St é, après une semaine passée à Grenoble.
Une semaine bizarre, difficile parfois, bien à d'autres moments. Une semaine où bcp de choses se sont mélangées, de certaines époques du passé, et de ce présent tt nouveau.
Le plus difficile, c'est que cette semaine m'a replongée assez loin dans le passé il y a qqes années de cela, à l'époque de mes années lycée. A l'époque de mon coming out à mes parents. A l'époque où ça allait au plus mal avec ma mère.
En effet, j'lui en ai reparlé. On avait rapidement évoqué le sujet cet été, et j'avais cru que ça allait mieux, qu'elle avait évolué. J'me suis très vite rendue compte que c'était pas du tout le cas.
"Le bonheur, c'est pas possible avec quelqu'un du même sexe... Non, t'es pas heureuse comme ça, et tu ne le seras jamais tant que tu croiras à ça... Tu t'es mis ça dans la tête... Et puis c'est un effet de mode... Tu t'es laissée influencée, et depuis, tu t'es laissée enfermée... Si tu penses autant ça, que t'y crois vraiment, c'est que t'as un problème quelque part... Tu l'as voulu, choisi, et t'auraias jamais du, c'est pas possible ça... Si t'y mettais un peu de bonne volonté, tu pourrais contrecarrer tout ça... Ah, jamais tu me parleras d'une autre fille et de toi !
Ya plein de garçon qui t'aiment..."
(La dernière remarque me fait sincèrement rire =D le pire c'est qu'elle a l'air d'y croire vraiment, elle oO mais j'me demande comment elle peut le savoir, puisque ça fait hm 2ans et demi qu'elle ne connait plus les gens que je cotoie au quotidien, filles comme garçons^^)
Allez Mily, reprends-toi tout ça en pleine face, ça t'avait pas fait assez de mal ya 3 ans et demi !
Ca blesse toujours autant d'entendre ces paroles-là, de les entendre venant de sa mère. Bien que depuis la 1° fois, j'ai bcp grandi, à l'époque je n'étais absolument pas détachée d'elle, ce qui avait été assez catastrophique, cette fois-ci, c'est bon j'me suis plus endurcie, j'ai pris bcp + de distance depuis.
Mais ça blesse qd mm. Parce qu'elle s'attaque à "moi", à ce que je suis, profondément, intimement. Elle dit qu'elle m'aime... Elle n'aime que la fille qu'elle s'imagine avoir. Elle n'aime que les côtés de moi qu'elle veut voir. Elle ne m'aime pas en entier, pour ce que je suis tout simplement.
Elle ne veut pas voir, elle n'accepte pas, et elle voudrait même combattre (ou du moins, que je le fasse), une partie de ma personnalité qui pourtant fait entièrement partie de moi, de ce que je suis, qui a, avec plein d'autres choses, forgé mon caractère, et fait que je suis "moi-même", la p'tite Mily que vous connaissez.
C'est donc dur déjà comme ça, brut de décoffrage, au présent.
Mais ça l'est aussi pour le futur :
Alors quoi ? Ma mère ne veut et ne voudra pas entendre parler de ma copine ? de celle qui me rend heureuse ? de celle avec qui je partage tant de choses ? elle ne voudra pas savoir, voir, la complicité qui nous lie, et cet amour, tout simplement, comme elle le voit pourtant chez tant d'autres couples qu'elle cotoie ? "Jamais" ? c'est un peu ça qui me fait peur... Parce que ça peut compliquer les choses, plus tard. Mais après tout, on se débrouillera, même avec quelques embuches de plus sur notre chemin. Mais c'est aussi parce que j'aimerai, tout simplement, que ma mère me voit heureuse, heureuse en couple. Heureuse dans ma vie future. Et p't'être qu'elle refusera de voir, de "participer" à cette vie, à certains "grands moments" qui viendront peut-être.
Et au final... Bien sûr que c'est dur d'entendre ça... Mais maintenant, il y a tant d'autres choses dans ma vie... Et chaque jour qui passe me prouve qu'avec ou sans son consentement, je peux vivre ma vie, la vraie, et qu'elle, elle n'y peut pas grand chose à tout ça, elle n'a pas le pouvoir de m'en empêcher.
Son discours n'a p't'être pas changé depuis le 1° que j'avais entendu, mais tout ce qui m'entoure si, et moi aussi, j'ai 20 ans j'en n'ai plus 16 comme à l'époque, j'vis une relation sérieuse, j'suis plus sûre de moi encore, et j'crois qu'il faut qu'elle se fasse encore moins d'illusions sur le "changement" qu'elle espère de ma part...
Je ne renoncerai jamais à cause de ça. Promesse que je me suis faite il y a plus de 3 ans et demi, vers 4 ou 5h du mat', alors que je me répétais les paroles de "Not gonna get us" pour m'apaiser, m'redonner un peu d'espoir, m'calmer, essayer de trouver le sommeil et de plus penser à certaines envies qui m'avaient traversé l'esprit durant la nuit.
Elle aura beau me blesser encore à l'avenir, me mettre des bâtons dans les roues, ne jamais me (et nous) rendre les choses faciles, elle ne récoltera que la montée du sentiment d'indifférence de ma part, un détachement de plus en plus grand, et jamais elle ne m'empêchera d'aimer, et de vivre ce que j'ai à vivre.